Un examen des raisons derrière le jugement humain
C’est la question que je me suis posée lorsque j’ai vu le regard surpris d’une ancienne collègue dans le métro cette semaine. Son regard fixé sur mes nouveaux tatouages aux mollets, les sourcils froncés et sa tête tournant de gauche à droite, il n’était pas difficile de deviner ses pensées.
Et ses jugements.
Ce que je peux comprendre tout à fait! Les tatouages, les cheveux colorés et les styles vestimentaires ne sont pas au goût de tous. Ma collègue a parfaitement le droit de ne pas aimer mon apparence. D’autant plus qu’elle ne m’a rien dit directement.
Et puis, soyons honnêtes, nous avons tous.tes un jour jugé une personne pour son apparence, ses choix et ses goûts.
Mais justement, pourquoi juge-t-on?
Quelques bases psychologiques du jugement
Avant de tenter de répondre à cette question ô combien difficile, je pense qu’il est primordial de comprendre certains mécanismes psychologiques qui nous amènent à juger les autres… qu’on le veuille ou pas!
Les stéréotypes
Un stéréotype, c’est une croyance simplifiée et souvent exagérée qu’on associe à un groupe de personnes. Il agit comme une étiquette mentale qui nous fait dire : « les gens comme ça sont forcément comme ci ». C’est un raccourci que notre cerveau utilise… mais qui peut enfermer, limiter ou même blesser.
Biais de représentativité
C’est le réflexe de croire que si une personne a un ou deux traits associés à un groupe, elle représente forcément tout ce groupe. Il s’agit d’un raccourci mental. Exemple : « Il est tatoué, donc il doit être rebelle. » Ce genre de jugement rapide oublie la complexité de chaque individu.
Biais de confirmation
Ce biais nous pousse à chercher, voir ou croire uniquement ce qui confirme nos idées déjà établies. C’est comme si notre cerveau portait des lunettes qui filtrent ce qu’on veut bien entendre, et rejettent tout le reste. Pratique, mais pas très objectif!
Les influences sociales
Les stéréotypes et les biais cognitifs ne sont pas les seuls responsables de nos jugements. En fait, tous les jours et ce depuis notre naissance, on se fait influencer sur une foule de sujets.
Le rôle de la culture et des normes sociales
Chacun de nous évolue au sein d’une culture, qu’elle soit familiale, nationale ou traditionnelle. Dès notre plus jeune âge, on nous apprend ce qui est « acceptable », « attendu » ou « respecté » dans notre environnement. Ces influences façonnent notre manière de penser, d’agir et même de percevoir les autres.
Pendant longtemps, les normes sociales ont eu le gros bout du bâton. Un homme travaille à l’extérieur. Une femme s’occupe de la maison et des enfants.
Les normes sociales ont longtemps été la boussole qui orientait nos comportements, notre façon de vivre et d’interagir. Au risque d’oppresser certains individus.
L’influence des médias et des réseaux sociaux
Vous vous rappelez la photographie de Britney Spears avec le gros serpent? Tout le monde n’arrêtait pas de parler de son petit ventre et répétait à qui voulait l’entendre qu’elle devait perdre du poids.
Combien d’adolescent(e)s ont été influencé(e)s par ces propos? Combien de personnes ont développé une image personnelle négative à la suite de ces commentaires disgracieux?
Et sur Instagram? Impossible de passer à côté des commentaires grossophobes, misogynes et des insultes en tout genre. L’algorithme étant bien programmé, dès vos premières lectures, vous serez assailli(e) de publications allant dans le sens de la première. Question de bien ancrer votre biais de confirmation.
La pression du groupe et la conformité
La pression sociale, c’est ce besoin humain (presque vital) d’être accepté par le groupe. Pour éviter le rejet, on se conforme aux attentes, on se fond dans la masse, parfois au détriment de notre authenticité. Et on juge ceux qui osent faire autrement, comme pour justifier notre propre alignement.
Et alors, pourquoi juge-t-on, finalement?
C’est une question beaucoup plus compliquée qu’on ne le pense, avec des aspects psychologiques et sociaux à prendre en compte! J’ai eu beau chercher, je n’ai pas trouvé de réponse unique.
Selon le psychanalyste Norbert Chatillon, « critiquer autrui, c’est souvent lui attribuer les défauts ou les qualités que nous n’osons pas reconnaître en nous ». Autrement dit, quand on juge les autres, on se juge nous-même. Intéressant, non?
Pire encore, il s’agit souvent d’une façon inconsciente de se donner une certaine valeur, en se positionnant comme étant meilleur.e que l’autre. Cela nous apaise et renforce artificiellement notre estime personnelle fragile.
Mais est-ce la bonne façon de faire? Est-ce qu’on devient une meilleure personne en écrasant les autres?
Je vous laisse… juger!
Et vous, qu’en pensez-vous?
Retrouve-moi sur les réseaux sociaux !
Sources:
30 biais cognitifs qui nuisent à la pensée rationnelle. (s. d.). Psychomédia. https://www.psychomedia.qc.ca/psychologie/biais-cognitifs
Aimelet-Aurore. (2023, 27 février). Norbet Chatillon : « Juger l’autre, c’est porter un jugement sur soi ». Psychologies.com. https://www.psychologies.com/Moi/Moi-et-les-autres/Relationnel/Articles-et-Dossiers/Arreter-de-tout-juger/Norbet-Chatillon-Juger-l-autre-c-est-porter-un-jugement-sur-soi
Définition des stéréotypes. (s. d.). Gouvernement du Québec. https://www.quebec.ca/famille-et-soutien-aux-personnes/enfance/developpement-des-enfants/consequences-stereotypes-developpement/definition-stereotypes
À propos de l’image de cet article
L’image en en-tête dans cet article a été générée par l’intelligence artificielle Dall-E.



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