Le hamster dans ma tête
C’est dimanche. Il est 23h49.
Je dois m’endormir au plus vite si je veux être suffisamment en forme pour aller travailler demain.
Tout d’un coup, mon cœur se serre.
Pourquoi est-ce que j’ai dit « ça comme ça » vendredi? J’aurais donc dû m’exprimer autrement.
Ou ne rien dire tout simplement, tiens. Cela m’aurait évité de ruminer en ce moment.
Pourquoi est-ce qu’il faut toujours que je dise des niaiseries?
Est-ce que je devrais en reparler?
Peut-être, mais je fais quoi si la personne me regarde d’un air dubitatif? Non, ça va juste empirer les choses, je suis probablement la seule à m’en faire pour ça, comme d’habitude…
Mon regard croise le réveil-matin: 1h du matin. Zut! Plus que quatre petites heures de sommeil. Allez, Lucie, dors!
Vous avez déjà vécu une situation semblable?
Alors que vos pensées s’entremêlent et que le hamster coure dans sa roue, sans but précis.
Je dois faire mon mea culpa, ça m’arrive souvent lorsque je suis fatiguée. Un détail, une parole ou un geste anodin peuvent déclencher ces moments éprouvants. Tellement que j’ai fini par donner un petit nom à ce petit hamster qui spinne dans ma tête, ressassant de vieux moments et les déformant au passage: Spinner!
Quand nos pensées s’entremêlent, on appelle cela de la rumination mentale ou « l’overthinking » pour les fans de Shakespeare.
Si je devais définir ce qu’est l’overthinking, on pourrait dire que c’est l’art de faire des scénarios dignes d’Hollywood pour une bagatelle.
Creusons le sujet.
De toute façon, il ne me reste que quatre heures à tuer…
Comment ça se manifeste ?
Dans l’introduction de son ouvrage intitulé « Les femmes qui pensent trop », la psychologue Susan Nolen-Hoeksema décrit les signes de la rumination mentale comme étant le fait d’être envahi «d’angoisses, de pensées ou de sentiments qui, échappant à notre contrôle, pompent nos émotions et notre énergie. Nous souffrons alors de ce que l’on appelle une manifestation d’overthinking – des torrents de préoccupations et d’émotions négatives qui sapent notre vie quotidienne et notre bien-être. ».
On ne pourrait pas mieux décrire le phénomène, n’est-ce pas?
Autrement dit, ces pensées qui tournent en boucle sont souvent négatives et mettent en scène des scénarios catastrophes. Éventuellement, à force de ruminer, la personne peut d’autocritiquer plus facilement et avec peu d’indulgence.
Le corps, cette boussole
Même si tout se passe dans la tête, le corps reste à l’affût. C’est pourquoi on peut ressentir de la tension, de la fatigue mentale et faire de l’insomnie.
Eh bien, c’est moi ça !
Comment faire la différence entre des pensées normales et de la rumination?
La chercheuse en neurosciences Sonia Lupien nous propose trois questions pour faire la différence entre les pensées dites normales et la rumination mentale.
- Ces pensées vous permettent-elles de vous sentir mieux?
- Vous rapprochent-elles d’une solution?
- Vous permettent-elles de voir plus clair?
Si vous répondez non à une de ces questions, c’est simple : vous ruminez!
Et Pourquoi on tombe là-dedans ?
Il semblerait que la rumination soit une réaction de défense. Elle serait d’abord issue d’une réaction normale qui s’emballe. Comme le dit Christophe André, psychiatre et psychothérapeute français [la rumination mentale] « est un peu à notre cerveau, ce que l’inflammation est à notre corps, car au départ la rumination, c’est une réaction normale, on réfléchit à un problème et puis tout à coup, ça s’emballe, on perd le contrôle, ça n’apporte rien de positif exactement comme l’inflammation dans le corps ».
Évidemment, à force de ruminer, on peut facilement entrer dans un cercle vicieux qui risque de s’attaquer à notre corps, notre esprit et nos relations.
Aïe! Comme moi en ce moment. Je sais pertinemment que je ne serai pas en forme demain et je risque de faire d’autres « erreurs » que je ruminerai plus tard. Mais comment éviter tous ces désagréments et cette culpabilité grandissante? Des trucs docteur?
Des pistes pour apaiser ce hamster
Tout le monde a visiblement un petit hamster dans la tête. Chez certain.e.s, il est tout simplement hyperactif et a besoin de se faire calmer.
Pour ce faire, les différents spécialistes précédemment cités proposent ces quelques pistes:
- Méditer
- Faire du sport
- Écrire ses pensées ou ses mémoires (tiens, j’ai un peu fait ça dans l’introduction!)
- Lire (mon blogue par exemple)
- Se changer les idées en écoutant un film, en faisant un mot croisé, des sudokus
Selon Nolen-Hoeksema, seulement 8 minutes suffisent pour briser le cycle de ce qu’elle appelle des « pensées obsessionnelles ».
Je rajouterais personnellement que j’essaie d’apprendre à en rire pour dédramatiser. Ce n’est pas toujours facile, mais j’y arrive de plus en plus.
Apprendre à vivre avec (et à en rire)
Finalement, bien que les femmes soient plus sujettes à la rumination mentale, on peut tous et toutes en être victime. C’est un moyen de défense que notre cerveau utilise… à mauvais escient!
C’est lorsque l’on reconnaît les différentes manifestation de la rumination mentale qu’on réussit à briser une partie du cercle et qu’on apprend à mieux vivre avec son cerveau “en mode essorage”.
Et toi, est-ce que l’overthinking fait partie de ta vie? Quelles stratégies utilises-tu pour interrompre le fil de tes pensée et retrouver une paix intérieure?
Sources:
Comment cesser de ruminer vos pensées négatives. (s. d.). https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/medium-large/segments/chronique/102970/rumination-esprit-emballe-lupien
Sonia Lupien – Conférencière. https://sonialupien.com/
Overthinking : qu’est-ce que la rumination mentale ? (2024, 6 novembre). https://www.passeportsante.net/. https://www.passeportsante.net/fr/psychologie/Fiche.aspx?doc=overthinking-rumination-mentale
Rebeihi, A. (2023, 13 juin). Comment faire cesser les ruminations mentales ? France Inter. https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-du-mardi-13-juin-2023-6532756
Nolen-Hoeksema, S. (2018). Ces femmes qui pensent trop : Débrancher (enfin) son mental et reconquérir sa vie.
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À propos de l’image de cet article
L’image en en-tête dans cet article a été générée par l’intelligence artificielle DALL·E.



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