, , ,

Être soi, même quand ça dérange

Écrit par

·

Je ne suis pas de celles qui publient énormément sur les réseaux sociaux, mais j’aime « scroller ». Pendant quelques années, j’ai eu l’impression que l’individualité et la créativité étaient célébrées. Que ce qui importait, c’était la beauté du cœur qui pouvait venir dans toutes les teintes.

Et je trouvais ça beau. Vraiment.

Mais dernièrement, j’ai l’impression que le vent change de côté. On glorifie certains styles de corps et on met sur un piédestal certains styles vestimentaires. Bonjour style « Old Money » ! On fait des vidéos « faites ceci, pas cela ». On appelle au fat shaming.

De plus en plus, on semble vouloir nous renfermer dans des cases et ceux qui souhaitent en sortir sont mieux d’avoir les reins solides.

Parce que les commentaires font mal.

Je suis juste… une autre version de moi

Si ce changement de cap me touche, c’est parce qu’évidemment je ne corresponds à aucun standard glorifié.

Je suis ronde. J’ai un style vestimentaire pour le moins coloré. Je refuse de me cacher derrière des énormes vêtements difformes. J’ai des tatouages. Beaucoup de tatouages. Et j’ai des cheveux verts fluo.

T’sais, je ne passe pas inaperçue, mettons.

Sur les réseaux sociaux (ou asociaux comme je commence à les appeler), on met l’accent sur des corps minces, musclés et un style vestimentaire léché.

Si ce n’était que ça, je comprendrais. La diversité des corps et des styles, c’est ce qui est beau, selon moi.

Mais de plus en plus de créateurs rabaissent ce qu’ils ne trouvent pas joli. Parce qu’ils y croient. Ou pour les clics. Ou les deux.

Et à chaque fois, j’ai un pincement au cœur et je me demande « pourquoi ? ». Pourquoi revenir à des cases rigides ?

J’ai déjà voulu être dans ces cases. J’y étais, même.

Avant.

Parce que la personne que je suis aujourd’hui, elle s’est construite petit à petit. Au fil des défis rencontrés, je me suis forgée. Je me suis épanouie.

Avant 30 ans, je n’avais pas de tatouage. J’osais peu de couleurs atypiques dans mes cheveux. J’avais même des a priori sur les piercings multiples.

Autrement dit, j’ai changé. Comme nous changeons tous. Et je changerai probablement encore.

Je suis différente de celle que j’étais et cela semble déranger.

Différente, mais compétente

Qui n’a entendu dire que les tatouages et les piercings étaient des « job stopper » ?

Pourtant, il existe autant de définitions à « job stopper » qu’il existe de personnes.

Certains seront dérangés par un petit papillon sur le poignet, d’autres ne verront aucun inconvénient à des tatouages plus prononcés.

C’est d’ailleurs mon cas ! Je travaille dans un milieu particulièrement traditionnel. On aime le sobre.

Et pourtant, malgré tout cela, je me sens encore estimée par la grande majorité des personnes avec qui je travaille.

Parce que ma compétence ne s’évalue pas à la quantité d’encre sur ma peau.

Au grand étonnement de certains membres de ma famille qui ne comprennent pas que ces « drôles de dessins » n’aient pas plus d’impacts négatifs…

Différente, mais polie

« On ne met pas d’autocollant sur une Ferrari. »

« As-tu pensé lorsque tu seras plus vieille ? »

« En tout cas, moi je ne ferai pas comme toi. »

« J’espère que c’est terminé. »

« T’as donc bien engraissé ! »

« Ton conjoint est d’accord pour les tattoos ? »

Toutes ces paroles m’étaient destinées.

Merci, mais non merci.

On associe parfois la différence à un manque de politesse. On imagine que la personne dérogera à toutes les règles préétablies parce qu’elle a un style différent.

Pourtant, ces paroles sont-elles polies ? Bienveillantes ?

Je ne pense pas, non.

Imaginez si, au détour d’un trottoir, je me permettais de dire à quelqu’un à quel point sa tenue est ignoble ?

Ça donnerait quoi ? Ça changerait quoi pour MOI ?

Rien. Et ça blesserait l’autre personne qui n’aurait rien demandé.

Pourtant, les réseaux sociaux pullulent de commentaires de ce genre. Une personne qui montre sa nouvelle tenue ? On lui dit que son pantalon n’est vraiment pas beau. Une personne énormément tatouée ? On lui dit qu’elle devait être belle AVANT. Une personne qui présente une réussite ? On lui dit que c’est moche.

Et ce qu’on voit sur les réseaux sociaux se reflète dans la vie réelle maintenant. Ce n’est pas pour rien que des gens se permettent des commentaires inutiles de vive voix.

Pourtant, la seule chose qu’on aurait envie de leur répondre, c’est « merci, mais non merci ».

Différente, mais heureuse

Le droit au bonheur semble aussi rattaché à l’appartenance à une case. Une femme en embonpoint se fera dire d’aller au gym plutôt qu’en vacances. J’ai même vu un « influenceur » émettre l’idée d’empêcher les personnes en embonpoint d’aller dans les tout-inclus.

Parce que t’sais, ils vont manger.

Et ils ne devraient pas, selon lui.

Une future mariée essaie sa robe. Elle n’aime pas les manches ou la façon dont le tissu tombe. Qu’à cela ne tienne, ce sont les tatouages qui sont sur ses bras qui sont les boucs émissaires.

Deux choix s’offrent à elle selon certains commentaires :

Se marier en manches longues et en col roulé même si c’est l’été

Ne pas se marier.

Mais vous savez quoi ?

On a tous le droit d’être heureux ou heureuse.

Différente, comme toi

Être différent, ce n’est pas juste une question de style. On peut avoir une personnalité débordante, être neuroatypique ou un joyeux mélange de tout ce qui est possible.

Que l’on veuille ou non correspondre à certains standards de beauté ou à certains standards de société, cela nous appartient personnellement. On devrait être capables d’être fiers, peu importe où on se trouve, dans ou à l’extérieur de la boîte.

N’est-ce pas ?

Pour continuer la réflexion

Si ce sujet t’interpelle, tu pourrais aussi aimer ces autres billets :

Retrouve-moi sur les réseaux sociaux !

À propos de l’image de cet article

L’image en en-tête dans cet article a été générée par l’intelligence artificielle Dall-E à partir d’un selfie… de moi.

Laisser un commentaire