J’imagine la vie comme un livre. À notre naissance, il est vide. On ne sait pas combien de pages il aura, mais elles sont lisses, prêtes à accueillir ce qu’on voudra bien y noter. Au fil du temps, certaines pages sont colorées par nos bonheurs, d’autres déchirées par nos déceptions. Certaines sont aussi pétillantes qu’un tableau Pinterest alors que d’autres ne sont tapissées que de gribouillis.
Mon livre à moi
Mon livre à moi, je le croyais à peine taché par les défis de la vie quand j’ai vécu un événement particulièrement marquant.
Un événement qui allait soit me détruire, soit me transformer pour toujours.
Un mur
Un burn-out. Un épuisement mental. Ou trouble d’adaptation pour les grands connaisseurs du DSM 5. Après avoir passé des années à ne vivre que pour mon travail et mes enfants, j’ai frappé un mur…
Passionnée par ma profession, je travaillais sans relâche, même pendant mes jours de repos.
Jusqu’au jour où on m’en demanda plus. En faire encore plus avec moins. Toujours. Sans la moindre reconnaissance. Sans aide. Sans ressources. On arriva à me faire accepter la violence. Tantôt physique, tantôt psychologique.
Tellement que j’en oubliai ma valeur. Ma personnalité. Mes goûts. Devenant une coquille vide, pleurant à chaudes larmes dans mon salon.
Les idées noires commencèrent à émerger. Moi qui aimais la vie, je me voyais comme un boulet pour les autres. Inutile. Mauvais. Dont on devrait se départir au plus vite.
C’est à ce moment que je suis allée chercher de l’aide. Le geste le plus courageux et difficile que j’ai eu à poser de ma vie.
J’avais d’ores et déjà commencé une thérapie avec une psychologue extraordinaire et elle avait déjà rédigé une lettre assez alarmante. La dissociation émotionnelle n’était pas loin.
Je dois le dire, ces personnes m’ont véritablement sauvée.
La reconstruction
Après des mois de thérapie et, il faut le dire, une médication nécessaire, je me suis reconstruite. J’ai retrouvé cette estime personnelle que j’avais perdue. J’ai appris à mettre mes limites et à les énoncer clairement à mes interlocuteurs.
J’ai appris à être plus authentique et à annoncer mes vraies couleurs. Moi qui n’osais pas sortir du moule jusqu’alors. J’ai remis de la couleur dans mes cheveux. Du rose, du mauve, du bleu, puis du vert. J’ai fait faire ces tatouages auxquels je pensais depuis plusieurs années. Parce que mon corps m’appartient totalement et que j’y tenais énormément. Ces piercings auxquels je rêvais ornent aujourd’hui mes oreilles et je les porte fièrement.

Et puisque tout cela ne définit pas mes compétences, les gens avec qui je travaille me font confiance et me respectent, voire même plus qu’avant!
En arrêtant de vivre pour les autres, j’ai commencé à vivre selon mes valeurs et mes convictions.
De toute façon, je n’en ai qu’une; autant la vivre pleinement.
J’ai fait du beau avec du laid. Les gribouillis sont devenus des œuvres d’art.
Comme le phénix, j’ai pu renaître de mes cendres.
Et j’en suis fière.
À propos de l’image de cet article
L’image en en-tête dans cet article a été générée par l’intelligence artificielle de WordPress.
Le photographie du tatouage appartient à Tattoist_Yuca. Le tatouage est… sur moi! 😉
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